À la découverte du Parc national de Sapo au Liberia : une expérience unique et enrichissante parmi les gens et la nature

À la découverte du Parc national de Sapo au Liberia : une expérience unique et enrichissante parmi les gens et la nature
April 23, 2018 9:01 am Blog

Situé dans la partie sud-ouest du Liberia, le Parc national de Sapo (PNS) est l’aire protégée la plus ancienne et la plus étendue du pays, et son rôle critique pour la conservation de la biodiversité est reconnu à l’échelle mondiale. Créé en 1983, le parc couvrait alors une superficie de 107.300 hectares, mais il fut agrandi en 2003 et compte désormais 180.365 hectares. Le parc et le paysage forestier environnant représentent un élément central du plus gros bloc de l’Écosystème forestier de Haute Guinée, un hotspot de la biodiversité, qui s’étend du sud de la Guinée, vers l’est de la Sierra Leone, traverse le Liberia, la Côte d’Ivoire, le sud du Ghana, et le sud-ouest du Togo. L’Écosystème forestier de Haute Guinée est l’une des régions forestières la plus dangereusement fragmentée de la terre, dont seulement 15 à 20 % du couvert forestier d’origine est encore intact, et le Liberia en contient la plus grande portion à hauteur de 42%.

La région qui s’étend de Sapo au Parc national Grebo-Krahn, puis au Parc national de Taï en Côte d’Ivoire constitue le grand Paysage Taï-Grebo-Krahn-Sapo (TGKS), et les forêts de cette région subissent une forte pression de l’exploitation minière artisanale, de l’agriculture vivrière et de plantation, et de la chasse pour le commerce de gibier. C’est ce paysage que privilégiera une subvention de WA BiCC financée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). L’objectif global de la subvention est de développer une gestion multipartite novatrice du Paysage forestier transfrontalier Taï-Grebo-Krahn-Sapo entre le Liberia et la Côte d’Ivoire. Les activités menées dans le cadre de cette subvention viseront à renforcer la conservation et la gestion de la forêt et de la biodiversité, à améliorer la gouvernance forestière, à explorer la mise en place d’un financement durable par le biais de mécanismes axés sur le marché comme la REDD+ et à appuyer les moyens d’existence communautaires. Pour lancer les activités dans le paysage, et avoir une meilleure idée de la région faisant l’objet du projet, une mission conjointe USAID-WA BiCC s’est rendue au siège du Parc national de Sapo entre le 26 et le 29 mars 2018. L’Autorité de développement forestier du Liberia (FDA) avec l’aide de Fauna & Flora International (FFI) et Partners in Development (PADEV) ont facilité la visite. La FDA est l’agence gouvernementale responsable de la gestion du parc, alors que FFI et PADEV sont respectivement bénéficiaire et sous-bénéficiaire de WA BiCC.

La communauté avait réservé un accueil chaleureux à la délégation en organisant une superbe cérémonie, avec le chef traditionnel de la communauté marquant à l’aide de craie blanche le front de chaque personne issue de la communauté, et présentant les 4 coins de la ville aux ‘étrangers’ en signe d’adhésion à leur mission. Dans son allocution, le chef suprême de la chefferie Upper Wedjah, Myer Jagbah, a souligné l’importance de la protection du PNS, a dit aux visiteurs qu’il appréciait qu’ils se soient déplacés, et à la FDA qu’il était reconnaissant de ses efforts soutenus visant à préserver le parc, malgré les nombreux défis à surmonter. Impressionnée par cette expérience, la délégation a félicité la communauté pour sa coopération et a exprimé le souhait que le projet du TGKS puisse atténuer certaines des menaces auxquelles le parc se trouve confronté.

L’équipe a passé une nuit au Centre de conservation de Sapo. Pendant ce court séjour, on lui a présenté les activités passées et actuelles menées dans le paysage par la FDA et FFI, tandis qu’elle montrait comment cette nouvelle subvention complèterait et, dans certains cas, aiderait à réaliser des travaux qui n’étaient pas imaginables jusque là. Pendant deux autres nuits, la délégation campa à l’intérieur du parc et fit des visites d’apprentissage dans diverses parties de la forêt, notamment le long du fleuve Sinoe qui traverse le paysage. Étant donné que Sapo est une forêt tropicale humide à canopée dense, l’équipe n’a pas vu grand chose, mais elle a tout de même observé et entendu beaucoup de singes, des kalaos, des touracos, des chimpanzés et des civettes africaines. L’équipe a également trouvé sur son passage des nids de chimpanzés, des traces d’éléphants et des excréments de céphalophes, tout ceci survenant au milieu d’arbres absolument majestueux qui rendent ce paysage si extraordinaire. Les 11 membres de l’équipe étaient bien soutenus sous la direction du FDA, grâce à des gardes responsables de l’application de la loi et d’auxiliaires chargés de la biosurveillance, dont les connaissances relatives au paysage étaient vraiment étonnantes. Des membres de la communauté ont aussi apporté leur contribution lors de la visite de terrain, en tant qu’organisateurs du campement et porteurs.

 

À la fin de son séjour, la délégation a remercié ses hôtes et a leur dit qu’elle était très optimiste sur les possibilités offertes par le projet pour contribuer à transformer le paysage, surtout en tenant compte de tout ce qu’elle avait appris lors de ce voyage, ce qu’elle considérait comme un signe très positif puisque le projet est un ‘projet d’apprentissage’. Il existe une parabole libérienne qui dit, « pour tresser la nouvelle natte, tu dois t’asseoir sur l’ancienne » ; là pourrait se trouver le point de départ d’où pourrait évoluer cette récente subvention et changer la vie des personnes et la forêt qui s’étend tout près de chez eux.

Écrit par Stephen, Kelleher, Shadrach Kerwillain et Nobeh Jackson