Développer une réponse coordonnée au trafic d’espèces sauvages en Afrique de l’Ouest; Jour 1 Résumé

Développer une réponse coordonnée au trafic d’espèces sauvages en Afrique de l’Ouest; Jour 1 Résumé
July 4, 2018 7:39 am Nouvelles

A presque tout problème, il existe une solution, surtout lorsque les personnes concernées se réunissent pour élaborer des solutions efficaces. Cependant, pour résoudre efficacement un problème, il est nécessaire de bien maitriser les contours du problème et toutes ses complexités y compris les causes sous-jacentes, les déterminants du problème, qui profite et qui perd, mais surtout les approches et les options disponibles pour s’attaquer à ce qui pourrait ressembler à un problème insoluble.
Un de ces problèmes encore à la recherche d’une solution est la criminalité liée aux espèces sauvages et le trafic en Afrique de l’Ouest. Il est évident que la flore et la faune riche et souvent rare de la région est appauvri par plusieurs facteurs, y compris des activités illégales que sont le braconnage et le commerce illégal des animaux, de plantes et / ou de leurs parties et produits.

L’un des principaux défis de la lutte contre le trafic des espèces sauvages en Afrique de l’Ouest est le manque de données fiables et adéquates tant sur le trafic d’espèces sauvages que sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité. Pour combler cette lacune, l’USAID, à travers le programme Biodiversité et Changement Climatique en Afrique de l’Ouest, a initié une série d’évaluations des menaces de la criminalité faunique afin d’établir une situation de référence permettant de mieux comprendre les causes du trafic des espèces sauvages, et d’informer les interventions futures. La première phase d’évaluation, menée dans sept pays, a été conduite par Born Free USA et les conclusions préliminaires sur les priorités communes sont actuellement examinées par les États membres de la CEDEAO qui envisagent adopter une feuille de route pour le développement d’une réponse sous-régionale coordonnée a la criminalité liée aux espèces sauvages en Afrique de l’Ouest. Les pays de la sous-région étant des cibles pour les trafiquants qui y trouvent une source illicite et en même temps centre de transit pour le trafic des produits de faune vers d’autres régions d’Afrique, les discussions sur une réponse coordonnée sont primordiales pour la conservation à travers le continent.
Ce 2 juillet, la Direction de l’environnement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et WA BiCC ont réuni des partenaires et des points focaux pour la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), convention principale qui a le rôle de régulation du commerce international des produits de faune et de flore sauvage. La réunion a démarré à Abuja, au Nigeria, avec la participation de représentants des 15 États membres de la CEDEAO. Au cours de la réunion, les pays ciblés par l’évaluation de la menace du au trafic des espèces sauvages (Libéria, Nigéria, Ghana, Togo, Burkina Faso, Sierra Leone et Guinée) ont présenté des conclusions préliminaires qui ont été examinées par tous les participants et servi d’éléments de discussions pour le développement d’une réponse coordonnée à l’application de la loi sur les espèces sauvages. WA BiCC a profité de cette occasion pour annoncer son intention d’étendre cet important travail d’évaluation des menaces à 6 nouveaux pays (Niger, Sénégal, Côte d’Ivoire, Bénin, Gambie, Mali) et de mieux affiner les processus de détermination des priorités pour l’application de la loi sur les espèces sauvages.

Les présentations ont clairement démontré qu’au-delà des défis propres à chaque pays, les défis en matière de lutte contre le trafic des espèces sauvages sont très similaires d’un pays à l’autre. Ces défis communs incluent les insuffisances en matière de capacités humaines et logistiques, le manque de sensibilisation et l’absence de législation adéquate et de règlementations CITES, la dynamique des risques faibles (amendes faibles ou non appliquées) et une valeur élevée (possibilités de se faire un bénéfice rapide mais pas durable) pour les trafiquants et le manque de volonté et de soutien politique. L’un des principaux domaines de soutien consiste à s’assurer que les pays de la sous-région peuvent renforcer leur législation afin de répondre aux exigences de la CITES car la plupart des pays de la sous-région ont une législation inadéquate qui entrave l’application et facilite l’expansion du trafic.

En fin de journée, les participants ont conclu un accord préliminaire sur 6 domaines d’intervention stratégiques sur lesquels les pays d’Afrique de l’Ouest et la CEDEAO doivent se concentrer pour s’attaquer efficacement à la menace du trafic d’espèces sauvages. Les priorités ont été tirées des sept évaluations initiales des menaces et comprennent la formation, la coordination, l’élimination des spécimens confisqués, l’équipement et les ressources en personnel, l’engagement politique et la sensibilisation. Les activités de renforcement des capacités axées sur ces 6 domaines d’intervention contribueraient à une réduction tangible de la criminalité liée aux espèces sauvages dans la sous-région et réduiraient les menaces pesant sur le riche patrimoine naturel de l’Afrique de l’Ouest.

Outre les participants techniques et les points focaux CITES, des représentants du Ministère fédéral de l’environnement du Nigéria, de l’Ambassade des États-Unis au Nigéria et de la CEDEAO ont assisté à la première journée de l’atelier.

Ce fut un début prometteur pour cet atelier et les participants affinent maintenant leurs recommandations ensemble et définissent un chemin vers le développement de leur réponse commune à la criminalité liée aux espèces sauvages.

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