Comment les écogardes et les communautés locales se sont unis pour protéger le Parc national de Sapo

Comment les écogardes et les communautés locales se sont unis pour protéger le Parc national de Sapo
October 22, 2019 1:14 pm Blog,Uncategorized

Le Parc national de Sapo est le plus vaste et le plus ancien des parcs nationaux du Libéria, s’étendant sur plus de 180.000 hectares, et fait partie du Paysage forestier transfrontalier de Tai-Grebo-Krahn-Sapo (TGKS) entre le Liberia et la Côte d’Ivoire. Pour autant, la magnificence de Sapo en tant que forêt riche et diverse sur le plan biologique et refuge pour plusieurs plantes et animaux menacés, est sapée par l’extraction minière, la chasse et l’exploitation forestière illégales à l’intérieur de son territoire. Pour répondre à ces menaces, les capacités des personnes chargées de la protection du parc ont été accrues à des niveaux sans précédent grâce à des formations intensives et un nouvel équipement pour les patrouilles.

Le programme pour la Biodiversité et le changement climatique en Afrique de l’Ouest (WA BiCC), financé par l’USAID, soutient le Service de développement des forêts (FDA) du Liberia et ses partenaires, Fauna and Flora International (FFI), Partners in Development (PADEV) et Wild Chimpanzee Foundation (WCF) à l’aide de subventions pour développer ou renforcer les capacités des écogardes et des bénévoles des communautés locales en matière de gestion commune du Parc national de Sapo. Soixante-cinq écogardes interviennent en première ligne des activités de conservation à l’intérieur et aux alentours du parc. Grâce à la subvention de WA BiCC au profit de FFI, le soutien technique aux activités d’application de la loi s’est accru et d’autres processus nécessaires pour la gestion efficace des aires protégées ont été mis en place. À cette fin, trois formations majeures portant sur les bonnes pratiques de l’application de la loi, l’utilisation des systèmes de géolocalisation (GPS), et la planification et l’évaluation des patrouilles se sont déroulées pour les écogardes de Sapo.

Un groupe de personnes prenant part à une réunion dans la forêt.
Des écogardes planifiant une patrouille.

 

Avant de recevoir une formation, les écogardes patrouillaient le parc sans avoir une stratégie ou une tactique précise et ne disposaient pas de données pour évaluer leurs efforts et organiser les prochaines patrouilles, ceci étant attribuable en grande partie à la capacité et aux ressources limitées. Ils effectuent désormais des patrouilles systématiques à l’aide d’une fiche de données révisées des patrouilles qui leur permet de collecter des données géoréférencées et de soumettre des rapports mensuels basés sur les faits. Des sacs de camping, à dos, de couchage, des matelas, des lampes frontales, des bouteilles d’eau, des GPS et des boussoles, parmi d’autres types d’équipement de terrain leur ont aussi été fournis.

Grâce à la subvention pour WCF, dix Équipes de surveillance communautaire ont été constituées, regroupant 100 membres communautaires provenant des 74 communautés aux alentours du parc. Elles avaient été établies en octobre 2017 après que les communautés locales aient exprimé le désir de participer activement à la gestion du parc. Depuis le début de 2018, les Équipes de surveillance communautaire patrouillent régulièrement en compagnie des écogardes du FDA, équipées d’unités de GPS, de boussoles, de sacs de randonnée et d’autre équipement de camping élémentaire. Elles reçoivent aussi une formation concernant l’utilisation de l’équipement technique et le remplissage des fiches de patrouilles.

un groupe de personnes écrivant des informations de la forêt.
L’équipe de biovigilance enregistrant des données au cours d’une patrouille .

 

Les écogardes reçoivent un soutien supplémentaire d’une Équipe de biovigilance de 15 personnes constituée essentiellement d’anciens chasseurs issus des communautés. La subvention a permis de leur fournir un équipement semblable à celui des écogardes et appuient trois spécialistes techniques qui coordonnent le programme de biovigilance.

Pour renforcer plus avant la protection de Sapo, une entité provisoire pour les ressources forestières (FRIB), comprenant 63 personnes, a été établie pour gérer les éco-championnes et les gardes forestiers et représenter les intérêts de la communauté face au FDA et aux partenaires. Les gardes forestiers sont chargés de patrouiller les forêts dans le parc et de fournir des renseignements aux écogardes et au FRIB. Il y a également 20 éco-championnes, toutes des femmes, sensibilisant à la conservation dans les 74 communautés voisines qui entourent le parc.

À la suite de l’augmentation des capacités et de la coordination accrue entre les différentes unités au sein du parc, les résultats suivants ont été observés au cours d’une période de six mois :

  • 71 camps de chasseurs ont été détruits
  • 118 pièges à lacet ont été retirés
  • 59 morceaux de viande de brousse ont été confisqués
  • 2 armes à feu ont été saisies auprès de braconniers
  • 3 très jeunes chimpanzés ont été confisqués et
  • 4 carcasses d’éléphant ont été découvertes à l’intérieur du parc et le braconnier présumé a été arrêté sur dénonciation d’un membre du FRIB.
Un chasseur arrêté près du parc.
Un chasseur arrêté près du parc.

 

Un fusil et des balles ont été saisis auprès d’un chasseur.
Un fusil et des balles ont été saisis auprès d’un chasseur.

 

Le dévouement et l’enthousiasme des membres communautaires locaux, avec le soutien de WA BiCC et de ses partenaires de subvention, ont transformé le Parc national de Sapo, qui autrefois risquait de perdre ses ressources naturelles et sa biodiversité, en une aire protégée très performante où tous les jours de l’année, les gens agissent afin de le maintenir pour les générations actuelles et à venir au Liberia et à travers le monde.