Améliorer l’application des lois liées aux espèces sauvages : quand la bénéficiaire d’une formation devient une formatrice

Améliorer l’application des lois liées aux espèces sauvages : quand la bénéficiaire d’une formation devient une formatrice
November 1, 2019 9:05 am Blog

Mercy Koomson, responsable de la faune à l’aéroport international Kotoka, est une femme avec une mission. Elle est diplômée de l’université d’Andalousie avec un cours de master portant sur « La gestion et la conservation des espèces faisant l’objet de commerce », qui était sponsorisé par le programme pour la Biodiversité et le changement climatique en Afrique de l’Ouest (WA BiCC). Moins d’un an après avoir obtenu son diplôme, Mercy a fait des progrès considérables pour combler l’écart entre l’engagement du Ghana à l’égard de la protection des espèces et la réalité à laquelle il est confronté sur le terrain.

Ces dernières années, plusieurs tonnes d’espèces sauvages et de produits dérivés de ces espèces sauvages ont été saisies à travers le monde et, pour un grand nombre, la provenance remonte à l’Afrique, et de plus en plus à l’Afrique de l’Ouest. Ne serait-ce qu’en 2019, 67,6 tonnes d’écailles de pangolins saisies venaient d’Afrique. Le Ghana ne fait pas exception dans ce commerce illégal. En 2017, 700 kg d’écailles de pangolins, correspondant à 1600 pangolins, ont été saisis en Malaisie et l’enquête a montré qu’ils avaient été expédiés par le biais du Ghana, en dépit des lois ghanéennes de protection des pangolins qui interdisent un tel commerce. Quarante-trois ans après que le Ghana est devenu partie à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), ce pays n’a pas encore satisfait aux normes de l’accord concernant la réglementation du commerce des espèces sauvages et l’application de la loi.

Une évaluation effectuée par WA BiCC a révélé que les organes d’application de la loi au Ghana font face à plusieurs difficultés qui entravent la mise en œuvre de la CITES. Ces difficultés englobent le faible niveau des connaissances sur les espèces sauvages dont le commerce est interdit, la capacité d’identifier ces espèces, une mauvaise connaissance des lois réglementant le commerce des espèces sauvages et une coordination inadéquate avec les autres institutions. De plus en plus, le pays devient une plateforme de transit pour le commerce illégal des espèces sauvages menacées comme les pangolins et certaines espèces de serpents à cause de ses frontières poreuses. Tandis que ce fait peut être décourageant pour beaucoup, c’est une source d’inspiration pour Mercy Koomson afin de lutter contre ces pratiques illégales.

Après avoir suivi le cours de master de la CITES et une fois diplômée, Mercy a voulu partager son expertise et ses connaissances avec d’autres en organisant un atelier de formation de 2 jours pour les responsables à la Division de la faune du Ghana, les exportateurs et agents des espèces sauvages, les agents des douanes, le personnel du zoo d’Accra, la sous-division des espèces sauvages et les services vétérinaires à l’aéroport Kotoka, ainsi que la fondation Kali Etch. L’atelier s’est déroulé le 10 et 11 octobre 2019 et a rassemblé un groupe influent de parties prenantes avec le soutien de la Division de la faune du Ghana et de WA BiCC. Mercy a été rejointe par ses homologues de la Division de la faune, Christabel Frempong, James Oppong et Luri Kanton, Jacob Oman de l’association Wildlife Exporters et Michael Balinga, principal expert de la lutte contre le trafic des espèces sauvages auprès de WA BiCC.

Coupe transversale des participants
Les participants à l’auditorium

 

Mercy et ses collègues ont donné aux participants un aperçu du commerce des espèces sauvages dans le monde et de ses difficultés, la législation liée aux espèces sauvages au Ghana et le rôle des autorités de l’application de la loi dans la mise en œuvre des lois sur le commerce illégal conformément aux normes et aux réglementations stipulées par la CITES. Mercy a partagé des informations sur la façon d’identifier les espèces et spécimens figurant sur les listes de la CITES et les outils qui peuvent être utilisés dans leur travail. Elle a aussi cité l’exemple de WildScan, une application en ligne gratuite qui aide à identifier les espèces et les spécimens listés dans la CITES. Michael Balinga a abordé la question de la coordination au-delà des frontières. Il a insisté sur la façon dont cette lacune peut être comblée grâce à la stratégie développée actuellement par les pays ouest-africains pour coordonner et collaborer à propos des activités transfrontalières d’application de la loi.

Un homme qui parle.
Michael Balinga, intervenant sur les questions de coordination transfrontalière.

 

Mercy’s story is an example of how one person can help move the needle in a seemingly insurmountable issue. Her training is expected to be replicated by the other CITES Master’s program graduates in the coming months. Although combating wildlife crime requires many actions from many angles and many people from many institutions, equipping officials with knowledge and resources is a critical first step in the right direction.

Une photo de groupe des participants.
Une photo de groupe des participants.