Des éléphants « en déplacement » entre la Guinée et le Liberia — un évènement prometteur dans le cadre des Accords transfrontaliers

Des éléphants « en déplacement » entre la Guinée et le Liberia — un évènement prometteur dans le cadre des Accords transfrontaliers
September 28, 2020 11:35 am Blog

par Chaz Kyser

 

Les accords transfrontaliers entre la Guinée et le Liberia, visant à mieux protéger et gérer les forêts et espèces sauvages des deux pays, se sont avérés bénéfiques pour deux éléphants des forêts qui ont décidé, sans visas, ni masques, de se déplacer entre les deux pays ouest-africains.

Les éléphants se déplaçant vers le Liberia après avoir quitté les forêts de Guinée. Crédit photo : Centre forestier de Nzérékoré
Les éléphants se déplaçant vers le Liberia après avoir quitté les forêts de Guinée. Crédit photo : Centre forestier de Nzérékoré

 

Les éléphants, « menacés d’extinction » selon la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), sont passés de la Guinée au Liberia au début du mois de septembre, causant, sur leur chemin, des dégâts aux communautés et aux cultures. Ce type de contact entre la faune et l’homme se termine souvent par l’abattage des éléphants, non pour l’ivoire dans ce cas, mais pour sauver des vies et des biens. Pour autant, les accords transfrontaliers de 2019 entre la Guinée et le Liberia, facilités grâce à WA BiCC et ses partenaires, ont permis d’aboutir cette fois à un autre dénouement. De telles initiatives transfrontalières ont été lancées afin de sensibiliser à la protection de la faune les populations vivant en lisière des forêts et de permettre d’établir des partenariats et de nouer le dialogue entre les agences gouvernementales dont la mission est de protéger à la fois les forêts et les animaux.

Les éléphants ont effrayé sans le savoir les membres de la communauté vivant en lisière des forêts et endommagé leurs biens, mais ils n’ont pas été blessés. Crédit photo : Centre forestier de Nzérékoré
Les éléphants ont effrayé sans le savoir les membres de la communauté vivant en lisière des forêts et endommagé leurs biens, mais ils n’ont pas été blessés. Crédit photo : Centre forestier de Nzérékoré

 

De ce fait, les membres des communautés n’ont pas tenté de blesser les éléphants, même si leurs biens avaient subi des dégâts lors du passage des animaux. De manière aussi remarquable, après avoir été avertis que les éléphants avaient traversé la frontière, les gardes forestiers en poste en Guinée, avec l’appui de leur ministère, en ont informé leurs homologues libériens. Ensemble, les gardes du parc de part et d’autre de la frontière se sont rapidement mobilisés pour suivre les éléphants, les protéger de préjudices possibles et les diriger pour qu’ils retournent dans la forêt. Le coordinateur de la foresterie et des paysages de WA BiCC a également contribué à orienter ces efforts. Les éléphants sont désormais en sécurité au Liberia et sont surveillés de près. Ils ont également acquis une certaine notoriété puisque, très vite, l’incident a suscité beaucoup d’attention et que l’histoire a fait l’objet de reportages par les médias locaux.

Des gardes forestiers de Guinée et du Liberia discutent ensemble de la manière la plus efficace d’aider les éléphants à se déplacer vers le Liberia. Crédit photo : Autorité de développement forestier, Liberia
Des gardes forestiers de Guinée et du Liberia discutent ensemble de la manière la plus efficace d’aider les éléphants à se déplacer vers le Liberia. Crédit photo : Autorité de développement forestier, Liberia

 

Des félicitations sont de mise pour les gouvernements et les populations de Guinée et du Liberia qui ont aidé les animaux à migrer de façon sûre à travers leur habitat naturel, qui ici chevauche des frontières internationales. Tandis que WA BiCC œuvre avec divers gouvernements et partenaires ouest-africains pour créer des « corridors », ou passages sûrs, entre les forêts pour la faune, le déplacement des éléphants montre bien qu’il est vraiment essentiel de faciliter le mouvement transfrontalier des animaux à travers la région. En attendant, espérons que ces deux éléphants choisiront de rester un moment dans la forêt !