La Foresterie Communautaire Apporte de Nouvelles Possibilités aux Agriculteurs Défavorisés, et est Source de Revenus

La Foresterie Communautaire Apporte de Nouvelles Possibilités aux Agriculteurs Défavorisés, et est Source de Revenus
March 21, 2019 4:04 pm Blog

Dans la région rurale de Sierra Leone, Vandi Sama, âgé de 60 ans, assis sur un tabouret tresse ensemble minutieusement les éclisses fines de l’écorce d’une tige de rotin. Même s’il a déjà récolté et exposé les rotins bruts à la vapeur pour leur donner la forme d’un cadre de fauteuil, et s’il a séparé les diverses parties de la plante selon leur usage prévu, sa création peut mettre un jour avant de prendre forme. Cette routine est la sienne depuis de nombreuses années, mais aujourd’hui, contrairement aux années précédentes, il espère que le lot de fauteuils qu’il est en train de fabriquer sera livré dans un centre urbain et rapportera des revenus à sa famille.

Comme de nombreux agriculteurs de cette communauté, Vandi vit au-dessous du seuil de pauvreté. Pour essayer de joindre les deux bouts, il est aussi artisan de meubles en rotin en plus de son activité de cultivateur traditionnel. Dans une communauté où les paysans sont vulnérables à la famine saisonnière et aux chocs inattendus qui déstabilisent les moyens d’existence, comme les feux, les inondations ou les sécheresses, une source de revenu supplémentaire procure un sentiment de sécurité. Mais pour Vandi, et nombre d’autres dans des situations semblables, le manque d’accès aux marchés et à l’emprunt signifie que pendant des années, les meubles qu’il fabriquait grâce à son habileté d’artisan n’ont pas offert de bon retour sur investissement.

Pour combler cette lacune, des artisans comme Vandi se sont organisés en groupes afin de perfectionner leurs compétences, d’accroître leur productivité et de garantir l’utilisation durable des ressources naturelles dans la fabrication de leurs produits.

Lorsque les artisans travaillent individuellement sur les cannes, comme c’est souvent le cas, l’absence de coopération se traduit par une efficacité réduite et risque de compromettre la durabilité de la ressource naturelle, le rotin, dont ils dépendent pour cette activité productrice de revenus. Les leçons tirées d’initiatives pilotes pour regrouper les artisans ont été prometteuses en facilitant la mise en commun de compétences et offrant des possibilités de partage du travail et d’augmentation de la productivité. La Conservation de la forêt tropicale de Gola limitée par garantie (GRC-LG), avec l’appui du Programme de l’USAID pour la Biodiversité et le Changement Climatique en Afrique de l’Ouest, a lancé la création de six groupes de vingt-deux artisans dans quatre lieux différents. L’objectif de la GRC-LG est de conserver le Parc national de la forêt tropicale de Gola grâce à des stratégies diverses. Cette activité s’inscrit dans l’approche de foresterie communautaire proposée pour promouvoir la conservation en améliorant les moyens d’existence des membres des communautés tributaires de la forêt.

Les artisans se répartissent les tâches ; certains récoltent les rotins bruts et d’autres les transforment en vannerie. Ceux qui font la récolte vivent près des sites où se trouvent les plantes et sont chargés de veiller à ce que les cannes utilisées pour la production sont d’origine durable. Les artisans, les plus talentueux, ou ceux qui ont le plus d’expérience et un meilleur accès aux marchés, sont responsables de la création et de la vente des articles finis. Cette répartition du travail permet aux personnes comme Vandi, qui avait abandonné la fabrication de produits en rotin après avoir souffert d’une attaque cérébrale, de redonner un souffle de vie à l’artisanat et d’obtenir des gains supplémentaires. Alors que traditionnellement les femmes ne participaient pas à l’industrie locale du rotin, elles commencent à y jouer un rôle pour commercialiser les produits, en adaptant leur force et leur habileté pour ajouter de la valeur à chaîne de production. La Conservation de la forêt tropicale de Gola-LG fournit aussi des conseils sur l’artisanat de qualité et favorise l’accès aux marchés pour les membres par le biais, entre autres, de la participation à des expositions pour montrer leurs produits. En reliant les groupes de producteurs aux associations locales d’épargne et de prêt, les membres ont aussi l’occasion de financer leurs entreprises.

Les artisans de cannes dans la Chefferie de Tunkia ont désormais transformé leur artisanat en source alternative importante de revenu disponible, permettant à leurs ménages d’être moins exposés à l’insécurité alimentaire et vulnérables à la famine saisonnière et aux chocs inattendus. Aujourd’hui, leurs produits, pour la plupart, sont vendus sur les marchés urbains où ils peuvent rapporter plus de 100 USD par mois – plus de 80 % à 90 % de ce que les ménages de leurs communautés gagnent pendant la même période. Dans les régions urbaines des provinces, ces revenus représentent une contribution substantielle, suffisante pour couvrir les dépenses de nourriture, de loyer et des charges pour un ménage comprenant cinq adultes.

Grâce à ces changements, M. Vandi Sama, le cultivateur de 60 ans de Mano Jegbla, noue le dernier brin de rotin de son fauteuil et dit en souriant. « Même au premier stade de ce projet de foresterie communautaire, l’espoir et la perspective de reprise de mon métier et de mon sort économique ont donné une seconde vie à mon activité, mon ménage ainsi qu’à ma forme physique. »

Échantillons de meubles produits par les groupes
Échantillons de meubles produits par les groupes
Échantillons de meubles produits par les groupes
Échantillons de meubles produits par les groupes