La formation d’écogardes féminines communautaires renforce la protection des parcs nationaux du Liberia

La formation d’écogardes féminines communautaires renforce la protection des parcs nationaux du Liberia
May 28, 2019 9:19 am Blog

Dans le monde entier, les femmes excellent dans des rôles autrefois réservés aux hommes. La preuve de cette évolution radicale existe au Liberia, où un nombre croissant de femmes suivent une formation pour devenir écogardes communautaires, une position qui avait été perçue jusque-là à prédominance masculine dans le parc national de Grebo-Krahn. La participation active des femmes au programme Écogarde, sous la direction de la Wild Chimpanzee Foundation et l’Autorité de développement forestier, avec l’appui du Programme pour la Biodiversité et le Changement Climatique en Afrique de l’Ouest, financé par l’USAID, renforce la protection du parc national de Grebo-Krahn et stimule la sensibilisation environnementale dans les communautés locales.

Comprenant l’importance de la participation des femmes dans les travaux de conservation, la Wild Chimpanzee Foundation a encouragé les communautés à inclure des femmes lors de la sélection et la formation des Écogardes communautaires. En octobre 2018, 16 des 20 personnes participant à la formation et envoyées par les communautés étaient des femmes. Et à peine quelques mois plus tard, les écogardes féminines communautaires sur le terrain avaient un impact exceptionnel sur le programme de conservation du parc national de Grebo-Krahn, grâce à des patrouilles dans la forêt et une plus grande sensibilisation. Le recrutement, la formation et le déploiement d’écogardes féminines supplémentaires sont une dissuasion de plus pour les mineurs, les chasseurs, les cultivateurs et les autres participants à des activités illégales dans le parc.

Le programme de formation des Écogardes communautaires englobaient les méthodologies des patrouilles, l’identification des espèces et l’utilisation d’équipement comme les boussoles et les GPS. Parmi leurs rôles essentiels figurent la collecte de données sur les espèces sauvages et les activités humaines illégales, et la communication des constatations à l’Autorité de développement forestier qui utilise ces informations pour la gestion du parc. Ce n’est pas seulement du travail cependant, puisque les écogardes basées dans la communauté aident à la sensibilisation de cette dernière à la nécessité de mettre un terme aux activités illégales observées dans la forêt, et à organiser des matchs de football pour rassembler les membres de la communauté et diffuser des messages de conservation, et des jeux-concours sur des sujets de conservation spécifiques.

Un groupe d'hommes et de femmes assis et apprenant.
Joaty Munnah (seconde à partir de la gauche) et Ophelia Darbo (à droite) suivent une formation pour organiser des activités de sensibilisation lors de la formation des Écogardes communautaires à River Gbeh, comté de River Gee.

 

L’inclusion des femmes dans le programme des écogardes communautaires leur a donné l’occasion de percevoir un revenu qui les aide à prendre soin de leur famille tout en contribuant à la protection du parc national, qui fait partie de la communauté. « Être sélectionnée en tant qu’écogarde m’a donné un sentiment d’indépendance. Je peux désormais entretenir ma famille avec l’argent que je gagne et partager les responsabilités avec mon partenaire, » dit Joaty Munnah, une écogarde de Tarsla, comté de River Gee.

Deux femmes et deux hommes traversant une crique dans la forêt
Mathaline Garley aide sa collègue, Felecia Kyne, à traverser un ruisseau pendant une patrouille dans le parc national de Grebo-Krahn National Park en juillet 2018.

 

Nombre des écogardes formées gagnaient leur vie en vendant de la viande de brousse, une activité qui épuise les ressources forestières et la biodiversité. Mathaline Garley de Peah, comté de Grand Gedeh, déclare, « Je suis très contente de faire partie de l’équipe des écogardes communautaires, notamment parce que cela a donné une valeur supplémentaire à ma vie personnelle dans le sens où je ne suis plus une vendeuse de viande de brousse, mais une éducatrice environnementale. » Ce programme permet à Mathaline de contribuer aux revenus de la famille sans participer à des activités qui épuiseraient les différentes espèces sauvages dans la forêt.

D’autres femmes formées sont mariées à des chasseurs et ont déjà commencé à encourager leurs maris ou partenaires à ne plus chasser. Le programme est un exemple éloquent de l’importance de réaliser le potentiel humain grâce à l’égalité des sexes, dans le parc national de Grebo-Krahn et au-delà.

Trois femmes et trois hommes dans la forêt, une femme écrivant des informations dans un bloc-notes.
Elizabeth Tumbai, biologiste, spécialisée en agriculture de l’Institut de formation forestière (FTI), et Mathaline Garley et leurs collègues notent une piste de braconniers dans le parc de Grebo-Krahn lors d’une patrouille forestière en avril 2018.