Le comité de cogestion nouvellement élu s’engage à protéger l’Estuaire du fleuve Sherbro en Sierra Leone

Le comité de cogestion nouvellement élu s’engage à protéger l’Estuaire du fleuve Sherbro en Sierra Leone
February 10, 2020 9:58 am Blog

Par Fatmata Katta

 

L’Estuaire du fleuve Sherbro (SRE), en Sierra Leone, est riche en biodiversité, dont des tortues, des lamantins, des requins et des crocodiles. Désignée comme une des quatre zones marines protégées du pays, la région est également signalée comme hébergeant environ 58 % de la totalité des mangroves en Sierra Leone, et parmi d’autres habitats côtiers dans la région, figurent de magnifiques plages sablonneuses, des côtes rocheuses et des vasières. Pour autant, des activités humaines non contrôlées, telles que la coupe excessive du bois de mangrove, l’extraction minière et des méthodes de pêche destructives, auxquelles s’ajoutent les effets du changement climatique, menacent l’écosystème du SRE et les moyens d’existence des populations locales.

Pour faire face à ces défis et à d’autres problèmes environnementaux, le Programme pour la Biodiversité et le Changement Climatique (WA BiCC), de l’USAID, et l’Autorité nationale des aires protégées (NPAA) ont organisé un atelier du 20 au 23 janvier dans la région de Bo, en Sierra Leone, afin d’établir un Comité de cogestion (CMC) avec pour but d’inverser la tendance actuelle de dégradation écosystémique et de pertes d’espèces dans le SRE. Cet atelier a tiré parti des travaux de WA BiCC dans le SRE, incluant des anciens exercices de cartographie sur le terrain, dans le cadre desquels un des objectifs était de s’assurer que les membres communautaires tenaient le rôle essentiel dans sa protection et sa gestion.

L’atelier a réuni les parties prenantes, dont les chefs suprêmes (PC) de toutes les chefferies constituant le paysage du SRE ; des représentants des conseils locaux, des ministères, des départements et des agences (MDA) du gouvernement ; des organisations de la société civile (CSO) ; et des organisations non-gouvernementales (ONG). Le comité élu (également appelé l’organe exécutif) comprend 11 membres exécutifs provenant de 10 chefferies et des municipalités qui composent le SRE, avec un président pour diriger les affaires de l’institution.

Le Comité de cogestion du SRE comprend aussi le conseil consultatif (constitué de 10 chefs suprêmes qui sont les gardiens du SRE et les conseils locaux) ; l’organe de supervision (comprenant la NPAA et d’autres MDA du gouvernement, tels que le ministère de la Pêche et des Ressources marines et l’Agence de protection de l’environnement) ; et des observateurs (incluant des CSO, des ONG et d’autres organisations).

La structure de gouvernance basée sur la communauté et nouvellement établie a vu le jour après 9 mois de consultations intenses avec les parties prenantes, et de processus de mobilisation des communautés, pour lesquelles WA BiCC a eu un rôle essentiel en matière de financement et d’orientation. Les membres exécutifs devront travailler en étroite collaboration avec la NPAA et d’autres MDA pertinents pour soutenir la gestion durable des forêts de mangroves et d’autres ressources côtières par le biais de l’autorité coutumière, de règlements locaux et d’application de la loi au niveau local.

Un groupe de personnes qui posent pour une photo.
Membres du comité de gestion communautaire nouvellement élus. Au premier rang, de gauche à droite : Adama Yambasu – Responsable de Programme, Umaru L Koroma – Président, Augusta Ashun – Présidente adjointe, et Ibrahim A Sesay – Secrétaire général. Rangée du fond, de gauche à droite : Mohamed Kanji Daramy – Responsable adjoint de Programme, Agnes Tucker – Responsable du Suivi et de l’évaluation, Sidique Konneh – Secrétaire général adjoint, Jonathan B Margai – Responsable des Relations publiques, Abdul N Manasary – Responsable adjoint des Relations publique/Responsable du Genre, et Bashiru Miowo – Secrétaire financier.

 

Le premier jour de l’atelier comprenait un aperçu du parcours du Plan de cogestion jusqu’à présent ; les défis pour le SRE ; les rôles et responsabilités de la NPAA, du ministère de la Pêche et des Ressources marines et d’autres dans la promotion et la mise en œuvre du Plan de cogestion du SRE. Les membres du CMC ont reçu une formation sur les lois et règlements pertinents ayant trait aux MPA (aires marines protégées), aux espèces sauvages et la CITES, et à la pêche.

Le chef suprême Robert Coker Selilolo Papapwe III, représentant tous les PC des 10 chefferies, a déclaré que lui-même et ses homologues avaient de la chance que WA BiCC travaille avec eux pour sauver leurs ressources, en particulier les mangroves.

« Nous avons plusieurs défis, alors que peu d’entre nous comprennent l’importance des mangroves. Il est donc nécessaire d’avoir cet atelier et de protéger nos mangroves en réduisant les effets du changement climatique dans nos communautés, » a dit Papapwe III.

Le président élu du CMC, le Révérend Umaru Lahai Koroma, a remercié les participants et les chefs suprêmes de l’avoir choisi, ajoutant qu’il fera de son mieux pour répondre aux attentes de sa nomination.

« Nous travaillerons en équipe pour le bien du SRE, car aucun d’entre nous n’ignore les dangers qui nous frapperont si nous ne protégeons pas notre environnement, » a-t-il.

Dans sa déclaration de soutien aux responsables nouvellement élus, Melrose Kargbo, ministre adjointe du Gouvernement local et du Développement rural, leur a demandé de représenter aussi leurs populations.

« Nous connaissons tous les nombreuses activités humaines qui se déroulent dans le SRE, et il est bon que le comité comprenne des habitants de l’estuaire au courant de leurs problèmes respectifs, » a-t-elle déclaré. « Il faut mettre un terme à la coupe des mangroves, et il incombe au comité de faire comprendre aux gens les dangers qui surviendront s’ils continuent à les couper de manière systématique. »

À la suite des élections et de l’approbation des membres exécutifs du CMC du SRE, une évaluation a été effectuée pour déterminer les besoins en matière de capacité de l’institution nouvellement constituée au niveau de la gouvernance, la communication, la mobilisation de ressources et la gestion. Le plan d’action des capacités résultant de cette évaluation guidera WA BiCC, la NPAA et d’autres MDA pour les mesures à prendre afin d’améliorer les capacités du comité de cogestion du SRE.

Pour l’étape suivante, WA BiCC œuvrera avec la NPAA à la préparation de la constitution du comité.