L’importance d’un Leadership Local Solide : Deux Héros de la Communauté Agissent pour Favoriser la Participation au Projet de Restauration de la Mangrove

L’importance d’un Leadership Local Solide : Deux Héros de la Communauté Agissent pour Favoriser la Participation au Projet de Restauration de la Mangrove
August 26, 2019 4:58 pm Blog

Dans une petite communauté de pêche en Sierra Leone, Ibrahim Mansary et Saidu Kamara avaient une mission à remplir. Le Président (Ibrahim) et le Secrétaire (Saidu) du Comité de restauration de la mangrove tenaient à relancer une initiative un peu négligée concernant la création d’une pépinière de mangrove, idée suggérée par le Programme pour la Biodiversité et le Changement Climatique en Afrique de l’Ouest (WA BiCC). Après l’expérience frustrante de vaines tentatives antérieures visant à motiver d’autres membres du comité, ces deux héros se sont alliés pour devenir les chefs de file du processus de remise en état de la mangrove.

Deux hommes tenant trois plantules d’espèces de la mangrove sur le site de la pépinière.
Saidu et Ibrahim tenant des plantules d’espèces de la mangrove sur le site de la pépinière.

 

« La majorité des membres du comité veulent des avantages immédiats, et l’entretien d’une pépinière de mangrove pendant trois à six mois semble trop long pour maintenir en éveil l’intérêt requis pour ce projet », a expliqué le Président Ibrahim. « C’est pourquoi, j’ai décidé de travailler étroitement avec le Secrétaire et quelques autres membres du comité, en mettant en œuvre les formations et le renforcement de capacités que nous avions reçus. »

La restauration de la mangrove offre des avantages à l’échelle de la communauté, y compris une érosion réduite et une biodiversité accrue. Ces points présentent un intérêt particulier pour le paysage côtier de Sierra Leone, un hotspot de biodiversité, où les communautés sont confrontées à d’énormes défis liés à la fois au changement climatique et aux activités humaines comme l’extraction minière et la déforestation. La Sierra Leone est le troisième pays le plus vulnérable du monde aux effets du changement climatique (GlobalSecurity.org, 2017), et les impacts ont des répercussions environnementales, sociales et économiques néfastes auprès des communautés et sur la biodiversité. À elle seule, la destruction des forêts de mangrove se traduit déjà par la perte d’espèces végétales et animales, l’intensification des inondations et l’érosion du littoral et des rives des fleuves. Des inondations et une érosion plus importantes entraînent la destruction des propriétés et mettent des vies en danger.

Carte indiquant les communautés de l’Estuaire du Fleuve Sherbro en Sierra Leone
Carte indiquant la Communauté de Mosam.

 

Afin d’accroître la résilience côtière aux impacts du changement climatique, WA BiCC œuvre avec les communautés du littoral comme celle de Mosam pour créer des comités de restauration de la mangrove. Mosam, une petite communauté de pêche, est désormais très exposée aux inondations, aux ondes de tempête et aux invasions d’eau salée à cause de la dégradation massive des mangroves au profit du bois de chauffe et de la construction.

Au début, les citoyens de Mosam avaient travaillé avec enthousiasme avec Saidu et Ibrahim en vue d’établir des pépinières de mangrove. Pour autant, au court du temps, la majorité des membres de la communauté voulaient cesser de travailler dans les pépinières en raison du temps qu’il fallait y accorder pour l’entretien. La gestion des pépinières, trouvaient-ils, empiétait sur le temps qu’ils voulaient consacrer à la pêche. Même si l’intérêt manifesté par les membres de la communauté baissait, les deux éclaireurs de ce projet ont pris connaissance par le biais de WA BiCC du coût que représentait l’abandon de ces forêts de mangrove dégradées, et ils ont aussi appris les avantages qu’offraient les mangroves dans le cadre de leurs vies et moyens d’existence. Ils ont découvert le rôle joué par les mangroves dans la protection des communautés côtières des ondes de tempête, et dans la création de l’habitat d’une grande variété de poissons. Forts de ces informations, Saidu et Ibrahim ont été en mesure de défendre la restauration des forêts de mangrove.

Réunion des membres de la communauté.
Saidu dirigeant une réunion avec les membres de l’Association villageoise d’épargne et de crédit (VSLA).

 

Grâce à leurs efforts, d’autres membres de la communauté ont commencé à comprendre le besoin de maintenir la forêt de mangrove et ils acceptèrent d’aider à transplanter les plantules et de s’occuper du site. Un projet autrefois lent à démarrer est désormais voué à la réussite, parce que des responsables locaux ont reconnu la frustration engendrée par le temps passé à la restauration des forêts de mangrove par rapport aux avantages à plus long terme de celle-ci, et qu’ils ont su y remédier. La passion et le plaidoyer de Saidu et d’Ibrahim en faveur des avantages de la remise en état des mangroves dont bénéficierait la communauté ont convaincu les membres de la communauté que l’entretien de la pépinière de mangrove méritait bien le temps et les efforts qu’ils y consacreraient. Les forêts de mangrove, autrefois décimées, repoussent désormais le long de la côte de Mosam et protégeront la communauté pendant des années à venir.