Une méthode agricole durable suscite de nouveaux espoirs pour la conservation du Parc national de la forêt de Gola

Une méthode agricole durable suscite de nouveaux espoirs pour la conservation du Parc national de la forêt de Gola
February 28, 2020 8:35 am Blog,Uncategorized

Par Mark Dahn

 

Au Liberia, de nombreux cultivateurs pratiquent la culture du riz pluvial sur les hauts plateaux et la culture itinérante. La population des basses terres du Clan Sokpo, dans le comté de Grand Cape Mount près du Parc national de la forêt de Gola (GFNP), a la réputation d’appliquer cette méthode agricole non durable, ce qui représente une menace majeure pour le parc puisque les cultivateurs se déplacent d’un endroit à l’autre dans les forêts des hauts plateaux à la recherche d’une terre fertile pour lancer une nouvelle exploitation. Pour autant, grâce à la formation des cultivateurs à la culture du riz dans les zones marécageuses des basses terres, leur travail est devenu plus facile et produit un meilleur rendement, et la menace contre le GFNP s’est atténuée.

La formation était organisée par le Vainga Agriculture Development and Management Consultancy (VADEMCO), une firme spécialisée en agriculture qui existe depuis 20 ans. Financée par la Society for the Conservation of Nature, Liberia (ou SCNL), une bénéficiaire de WA BiCC, VADEMCO a établi des écoles agricoles sur le terrain afin d’enseigner aux cultivateurs une nouvelle stratégie pour cultiver le riz.

En juillet 2018, 40 cultivateurs (5 femmes, 35 hommes) ont été recrutés dans quatre communautés du Clan Sokpo (Korlah Town, Fornor, Kawelahun et Gbanjue) afin de participer à des formations sur la culture des basses terres en zone marécageuse. Dix participants ont été recrutés dans chaque communauté. Ils ont sélectionné leur propre terrain et ont reçu des outils agricoles, notamment des brouettes, des haches, des machettes et des pelles. Le processus a débuté avec la configuration du terrain, l’ouverture de canaux et la préparation des bassins intérieurs. Chaque participant a ensuite reçu 50 kg d’une variété particulière de graines de riz, appelée Nerical L/19, à semer dans leurs parcelles individuelles de pépinière. Avec le Nerical L/19, il ne faut que 75 jours de la plantation à la cueillette, et il est possible de faire trois récoltes par an. C’est une amélioration considérable par rapport à la situation antérieure où les cultivateurs ne pouvaient faire qu’une seule récolte par an. Après la distribution du riz, le technicien des basses terres de VADEMCO s’est rendu, un jour par semaine, dans chaque communauté pour aider à l’ensemencement dans la zone marécageuse et enseigner aux cultivateurs cette nouvelle méthode.

La première récolte s’est terminée en janvier 2019 et les membres de la communauté se sont réparti le riz en fonction du nombre de parcelles développées par une personne. Chaque parcelle a produit 3 sacs (25 kg) de riz, ce qui équivaut à 60 dollars. Un participant avec cinq parcelles a gagné plus de 300 USD et ce montant peut être renouvelé tous les 75 jours. Avant l’introduction de cette nouvelle méthode, les cultivateurs plantaient du riz pour se nourrir car ils ne pouvaient pas en produire suffisamment pour la vente. Ils ont été surpris du rendement du riz et de l’argent gagné, en particulier parce que cette nouvelle méthode agricole exigeait moins de travail et moins de temps.

Photo of a woman preparing rice from a nursery for planting in Kawelahum town.
Une femme prépare le riz d’une pépinière pour le planter dans le village de Kawelahum. Crédit photo : Matthew Williams, VADEMCO.

 

Étant donné le rendement obtenu lors de la première démonstration, il est fort probable que les cultivateurs resteront dans les basses terres.

Musa Sinii, un membre du groupe Kawelehun a déclaré, « Compte tenu du rendement de ce riz, je ne ferais plus de culture de plateaux. À partir de maintenant, je cultive dans les basses terres. » Lahai Dugba a ajouté, « Nous avons tout simplement perdu notre temps sur les hauts plateaux, et il fallait travailler plus. Avec la culture en basses terres, j’ai plus de temps pour me reposer. »

Four people harvesting rice in the field.
Musa Sinii (4e à partir de la gauche) et d’autres bénéficiaires récoltant le riz avec Bendu Johnson, technicien de VADEMCO (1er à partir de la gauche). Crédit photo : Matthew Williams, VADEMCO.

 

Ces cultivateurs sont passés de la culture itinérante sur les hauts plateaux avec un rendement moindre, à la culture rizicole dans les basses terres avec une production plus importante. Quand ils pratiquaient la culture itinérante, ils déboisaient et dégradaient en moyenne 40 hectares de forêt par an à eux tous. Ainsi, le programme de l’École agricole sur le terrain dans le Clan Sokpo sauvera plus de 400 hectares de forêt communautaire dans les dix prochaines années, à condition qu’ils restent au même endroit pour cultiver.

Depuis novembre 2019, 70 cultivateurs supplémentaires à Soso Camp, Camp Israel, Green Bar City et Fula Camp ont suivi une formation sur la riziculture dans les basses terres. Près de douze tonnes (11.520 kg) de riz ont été produites grâce à la culture dans les basses terres dans le paysage. Plus de 80 bénéficiaires directes ont acquis des connaissances et des techniques en matière de développement des basses terres et de technologie de production rizicole. La production de riz a augmenté dans les communautés du projet et les ménages disposent de plus de nourriture qu’avant pour leur consommation personnelle.