WA BiCC et le PNUD intensifient les efforts alliant divertissement et éducation afin d’accroître la résilience côtière au changement climatique en Sierra Leone

WA BiCC et le PNUD intensifient les efforts alliant divertissement et éducation afin d’accroître la résilience côtière au changement climatique en Sierra Leone
March 11, 2020 11:11 am Blog,Uncategorized

par Darius Barrolle

 

Les feuilletons radiophoniques font partie de la riche culture de la Sierra Leone ; il n’est donc pas surprenant que Watasay Ston, une nouvelle série radiophonique et forme de divertissement éducatif, soit rapidement devenue l’une des plus populaires dans le pays. Ce succès s’explique notamment par le fait que toutes les parties prenantes, incluant le gouvernement, les donateurs, les communautés, les réalisateurs du feuilleton et les stations de radio, se sont tous appropriés cette série et continuent à tirer parti du processus pour améliorer les messages et accroître le nombre d’auditeurs.

L’aventure a commencé par un atelier portant sur la conception du feuilleton radiophonique, organisé en octobre 2018 par le Programme pour la Biodiversité et le Changement Climatique en Afrique de l’Ouest (WA BiCC), financé par l’USAID. À Port Loko en Sierra Leone, des parties prenantes des communautés côtières de Sierra Leone, le gouvernement et des médias se sont réunis pour élaborer ensemble le plan de ce qui deviendrait le feuilleton Watasay Ston, assorti d’un segment libre antenne. Le feuilleton de 24 épisodes a été créé par WA BiCC afin de sensibiliser davantage les habitants des communautés du littoral de la Sierra Leone aux pratiques de gestion durable des ressources naturelles pour renforcer leur résilience au changement climatique. Il a été réalisé en anglais, krio, mende et temne afin d’assurer qu’une grande partie de la population diversifiée de Sierra Leone puisse en bénéficier.

Bintu Moseray, une directrice de programmes pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Sierra Leone, comptait parmi ceux qui participaient à l’atelier de conception, suite à une invitation délibérée de Zebedee Njisuh, responsable des paysages côtiers auprès de WA BiCC, qui y voyait un débouché possible. Moseray venait de lancer un nouveau projet visant à renforcer la capacité des communautés côtières à gérer systématiquement les risques et les impacts du changement climatique dans le même paysage côtier que celui où œuvrait WA BiCC. Lors de l’atelier de conception, elle avait été frappée par l’opportunité évidente d’un partenariat entre WA BiCC et le PNUD, étant donné que les deux organisations avaient des objectifs de programme communs, surtout en ce qui concernait l’utilisation de produits de communication visant à changer le comportement. Elle avait immédiatement appelé ses supérieurs au PNUD qui lui avaient donné le feu vert pour financer la Saison 2 du programme radiophonique puisque WA BiCC finançait la Saison 1.

La Saison 1 de la série était diffusée sur quatre stations de radio (Africa Young Voices Radio, la Sierra Leone Broadcasting Corporation, Radio Peninsula-Tombo et Radio Bontico à Bonthe) de juillet 2019 à janvier 2020. Au cours de cette période, une étude de suivi et d’évaluation (S&E) fut menée auprès de 24 communautés du littoral qui recevaient l’émission afin de mesurer l’audience du programme et l’efficacité des messages.

À la fin de la Saison 1, il devint évident pour WA BiCC et le PNUD que toutes les parties prenantes devaient se réunir pour examiner les processus et les études afin de déterminer ce qui en avait été tiré. Ainsi, du 29 au 30 janvier, un atelier de réflexion a été conjointement organisé par WA BiCC et le PNUD pour recueillir les expériences des parties prenantes, passer en revue les défis et les bonnes pratiques, et déterminer la voie à suivre pour la production, la diffusion et le suivi de la Saison 2. Les 39 participants à l’atelier de réflexion comptaient du personnel WA BiCC et PNUD, un représentant de l’Autorité nationale des aires protégées, des présentateurs et des directeurs des quatre stations de radio qui émettent le programme, les animateurs de WA BiCC auprès des communautés, les personnes focales du PNUD auprès des communautés, le maire de Bonthe et le personnel de Premier Media Group, la société engagée par WA BiCC et le PNUD pour la réalisation du feuilleton radiophonique.

Photo des participants à l’atelier de réflexion organisé pour évoquer les enseignements tirés lors de la production et de la diffusion de la Saison 1
Photo de groupe prise lors de l’atelier de réflexion

 

Pendant l’atelier de réflexion, la présentation de l’étude S&E a révélé que 17 communautés sur 24 écoutaient le feuilleton et le segment libre antenne, et que les auditeurs incluaient des femmes et des hommes de tout âge. Les membres communautaires disaient que les messages les influençaient à appliquer les décrets concernant la conservation, à faire des coupes sélectives des arbres et plantes des mangroves – intentions clés pour renforcer la résilience côtière au changement climatique. Ils ont également ajouté que le programme radiophonique avait suscité des débats sur les effets négatifs de la coupe de la mangrove située près des communautés, le danger des inondations et la construction de remblais afin de protéger les communautés de l’érosion côtière. Au total, 287 appels directs ont été faits (78 % par des hommes et 22 % par des femmes) au cours des trois premiers mois de la diffusion de l’émission sur les quatre stations de radio. Les auditeurs qui appelaient incluaient des pêcheurs, des agriculteurs, des poissonniers, des chefs communautaires et des étudiants.

Après avoir vu la présentation S&E de WA BiCC relative à la Saison 1, le PNUD a annoncé qu’il réexaminerait sa structure S&E et qu’il planifierait sa stratégie pour y inclure le S&E de l’écoute et de l’efficacité de la Saison 2.

Outre l’augmentation des connaissances par les membres des communautés du littoral, il a été relevé lors de l’atelier de réflexion que la production et la diffusion de l’émission radiophonique avait créé des emplois pour les Sierra-Léonais, notamment de scénaristes pour les épisodes du feuilleton, d’acteurs, de monteurs, de personnel de stations de radio et d’animateurs auprès des communautés. Cette initiative a également bénéficié sous d’autres formes à ceux qui y ont pris part. Le présentateur du feuilleton dont les fonctions étaient aussi celles de Directeur de AYV Radio, Michael Samuels, a dit, « Grâce au programme WA BiCC, j’ai fait de nombreux adeptes. Tant de personnes m’appellent pour parler de Watasay Ston. Le programme a apporté une valeur ajoutée à notre programmation. Compte tenu de ce succès, nous offrons de rediffuser bénévolement la Saison 1. Watasay Ston me tient à cœur ». De même, un représentant de Radio Peninsula-Tombo, Edward Batilo, a annoncé que sa station de radio retransmettrait la Saison 1, gratuitement.

Au cours de l’atelier de réflexion, Bintu Moseray a déclaré, « Il s’agit d’un processus d’apprentissage – c’est une source d’inspiration. Je n’aurais pas pensé moi-même à certaines des questions importantes que nous avons abordées ici. Ce n’est pas seulement pour le bénéfice de WA BiCC, mais pour celui du PNUD et de l’ensemble de la République de Sierra Leone. Nous avons beaucoup appris de ce processus. »

En tant que programme d’apprentissage, WA BiCC a découvert que les gens appréciaient réellement un feuilleton radiophonique comportant tous les éléments importants, dont la réalité, l’humour et le suspense de la vie quotidienne. Ce qui les fidélise à l’écoute sont aussi des personnages plus grands que nature, tels que Marie Dembad, qui s’avère être le personnage le plus populaire. Poissonnière, elle avait l’habitude d’utiliser le bois des mangroves pour fumer ses poissons avant d’adopter des pratiques plus durables comme le recours à des systèmes améliorés de fumage de poissons.

Au moment où WA BiCC confie au PNUD cette série réussie et les enseignements qui en ont été tirés, l’histoire n’est pas sur le point de se terminer pour autant. Récemment, Wetlands International, une organisation mondiale mettant en œuvre un nouveau programme dans le paysage côtier de Sierra Leone et à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, a manifesté un intérêt pour le financement de la Saison 3 de Watasay Ston. Il semblerait que, comme son titre « Rocher inébranlable » l’indique, Watasay Ston soit susceptible de rester sur les ondes pendant des années.