Les experts de la region de l’Afrique de l’Ouest et du centre, spécialisés dans la conservation lancent un partenariat pour sauver la faune aquatique sauvage; Jour 2

Les experts de la region de l’Afrique de l’Ouest et du centre, spécialisés dans la conservation lancent un partenariat pour sauver la faune aquatique sauvage; Jour 2
July 25, 2018 3:21 pm Nouvelles

Suite à la note positive sur laquelle s’est terminée la première journée de travail, la deuxième journée de l’atelier sur le Partenariat d’Abidjan sur la faune aquatique sauvage a débuté par un récapitulatif des travaux de la journée d’hier. Les participants se sont ensuite engagés dans une discussion plénière visant à s’assurer que la mission dudit partenariat entre ligne avec l’esprit et le document de décision prise par les parties à la Convention d’Abidjan présentes à la 12e Conférence des Parties en mars 2017 pour établir le partenariat. Des préoccupations et questions ont été soulevées, notamment la nécessité d’établir une liste d’espèces sur lesquelles le partenariat se concentrerait, pour l’instant, ainsi que la nécessité d’établir un ensemble de critères afin d’orienter le processus de sélection des espèces.

Il a été convenu qu’un processus de priorisation permettrait d’assurer l’efficacité du partenariat et de prendre en considération les ressources et l’expertise disponibles. Les points de discussion étaient cruciaux pour cette initiative émergente, et les participants ont réaffirmé la valeur du partenariat et la nécessité d’accroître la sensibilisation, trouver et appliquer des solutions sur les questions liées à la survie des espèces aquatiques. D’un commun accord, les experts ont exprimé la nécessité d’avoir une compréhension claire et commune du mandat du partenariat, au terme de l’atelier, ainsi que sa portée et son rôle des parties à la Convention.

Après des échanges utiles et informatifs, les participants ont procédé à l’examen et à l’amendement du plan d’action, en se concentrant sur son mandat. Ce travail a été fait en petits groupes de discussion animés par Kenan Mogultay, conseiller technique de WA BiCC à la Convention d’Abidjan. L’objectif de la session était d’identifier le rôle que le partenariat peut jouer en réponse aux lacunes de l’information en définissant et en détaillant les questions liées à la collecte, à la gestion et à la diffusion des informations existantes.

La séance de discussion en groupe a exploré la façon « d’aborder les facteurs clés» qui menacent l’espèce en question. Parlant au nom de son groupe, Nana Adu Nsiah, le directeur de la faune au Ghana, a déclaré : «nous devons faire plus de surveillance, assurer une législation plus forte et prêter attention à certains facteurs socioculturels tels que la culture et la spiritualité et aussi fournir des alternatives de subsistance. C’est un moyen pour arriver à l’autonomisation afin de répondre à ces questions ». D’après les discussions qui ont suivi, l’hypothèse de la nécessité du partenariat a été réaffirmée: il n’y a pas suffisamment de données, de grandes lacunes sur le statut et le volume des échanges de nombreuses espèces aquatiques, entre autres actions, la nécessité d’entreprendre une cartographie du commerce des espèces aquatiques menacées et/ou protégées et identifier les hotspots commerciaux. Par exemple, il a été noté que la plupart des pays côtiers ont des informations sur les tortues marines, mais il y a d’énormes lacunes dans les données sur les tortues d’eau douce, les lamantins, les crocodiles, les hippocampes et les requins. L’une des prochaines étapes souhaitée est que le partenariat puisse établir un centre de ressources et faciliter le partage de l’information.

Les deux séances suivantes en petits groupes de la journée ont porté sur le Plaidoyer et le Renforcement des capacités. Les groupes ont convenu collectivement de la nécessité d’un partenariat pour faciliter les engagements des parties prenantes, promouvoir la sensibilisation et mobiliser des ressources pour l’élaboration et la mise en œuvre de programmes pertinents, tout en tirant profit de la capacité de la Convention à faire pression pour l’élaboration et l’adoption de réformes juridiques et réglementaires plus nationales. En ce qui concerne le renforcement des capacités, le partenariat a été chargé d’identifier les lacunes dans les domaines clés tels que la collecte de données et le renforcement de capacité dans les Systèmes d’informations Géographiques et le suivi et évaluation. Wa BiCC cite des exemples pertinents, tels que la formation des juges et des procureurs pour des poursuites plus efficaces contre la criminalité faunique, et sponsorise 26 professionnels en Afrique de l’Ouest pour l’obtention d’une maîtrise liée à la mise en œuvre de la CITES en tant qu’initiatives qui méritent d’être imitées et mises à l’échelle.

Une séance impromptue a eu lieu pour répondre aux questions soulevées dans la journée concernant le mandat du partenariat et le processus de sélection des espèces prioritaires. Au cours de cette session, Joanna Toole de OceanCare a rappelé au groupe que le mandat du partenariat venait directement des parties à la Convention d’Abidjan à CdP12, exigeant du Secrétariat qu’il «crée un partenariat axé sur les mammifères aquatiques, les reptiles et les amphibiens, et présenter un plan d’action à la prochaine CdP13“. Il a été convenu que toutes les idées supplémentaires telles que l’intégration des oiseaux de mer, des raies et des requins seraient prises en tant que recommandations du groupe d’experts à la Convention d’Abidjan. Michael balingea, de WA BiCC, a ensuite présenté une liste préliminaire prioritaire d’oiseaux aquatiques, de mammifères, de reptiles et de cétacés en Afrique de l’Ouest. La liste est résumée dans un rapport préparé par wa BiCC au nom des partenariats et découle directement de la liste rouge de l’UICN et des appendices CITES et CMS. Les participants ont procédé à l’adoption de cette liste comme base pour l’élaboration d’un plan d’action et ont accepté chaleureusement la promesse du Secrétaire exécutif de la Convention d’Abidjan, Abou bamba, de créer un groupe de travail chargé d’examiner plus en profondeur la nécessité d’ajouter d’autres espèces à cette liste et assurer une révision périodique.

La journée s’est terminée par un examen de l’énoncé de mission du partenariat. Le point culminant a été le résultat des discussions liées aux champs d’application géographiques et techniques du partenariat, qui ont été modifiées par consensus pour englober toutes les espèces aquatiques et les écosystèmes, y compris les rivières et les lacs intérieurs, avec leurs liens avec les zones côtières et espèces marines et les écosystèmes. Cet accord donne l’occasion au partenariat d’intégrer les systèmes fluviaux de l’intérieur tels que le Niger et la Gambie, qui abritent de grandes populations de lamantins d’Afrique de l’Ouest. Enfin, les experts ont convenus d’employer la terminologie de l’UICN pour les espèces menacées, en plus des espèces “protégées”, pour s’assurer que la terminologie utilisée par le partenariat reflétait celles de la liste rouge de l’UICN, ainsi que celles d’autres conventions majeures et cadres juridiques nationaux.

A la fin de la journée qui s’est avérée être bien remplie et productive les délégués ont démontré leur engagement et se sont appropriés le processus. Au terme des travaux, les participants ont continué d’échanger entre eux pour une collaboration et l’établissement de nouveaux contacts et réseaux. De ce point de vue, il est de plus en plus évident qu’une des principales recommandations de l’atelier est la collaboration entre les pays et les régions.   Pour suivre les évolutions de cet atelier en direct, veuillez visiter aawp.wabicc.org.