Les experts de la region de l’Afrique de l’Ouest et du centre, spécialisés dans la conservation lancent un partenariat pour sauver la faune aquatique sauvage; Jour 3

Les experts de la region de l’Afrique de l’Ouest et du centre, spécialisés dans la conservation lancent un partenariat pour sauver la faune aquatique sauvage; Jour 3
July 31, 2018 7:58 am Nouvelles

Dans le prolongement du programme des Jours 1 et 2, le Jour 3 a commencé par la récapitulation des activités de la journée précédente. Ce rappel fut suivi de l’allocution du Secrétaire exécutif de la Convention d’Abidjan, M. Abou Bamba, portant sur la structure et la fonction du Partenariat. Il a présenté les Termes de référence pour le Groupe directeur proposé pour la gestion des activités du Partenariat en faisant remarquer que « Nous mettrons en place un Groupe directeur afin d’assurer une coordination réelle et efficace après cet atelier et pour qu’il serve aussi de mécanisme de surveillance et d’évaluation pour le Partenariat. Ce groupe mènera à la création de différents groupes de travail sur la production de données, le genre, le classement des espèces et d’autres questions pertinentes et ciblées. Ces groupes de travail apporteront des preuves et une crédibilité scientifiques au processus décisionnel du Partenariat ». Le Secrétaire a également apporté son soutien à l’établissement d’un groupe intérimaire qui œuvrera en vue de définir et de mettre en place la composition du Groupe de direction définitif.

La structure proposée du Partenariat est la suivante :

  • Un Secrétariat : qui gérera le partenariat, s’occupera des questions en matière de communications et d’administration,
  • Un comité de direction : qui fournira le soutien technique et scientifique auprès du Secrétariat,
  • Des participants : qui s’engageront à la réalisation des objectifs du Partenariat,
  • Un groupe de travail : qui se chargera de la mise en œuvre des projets et des activités définis dans le Plan d’action.

Dans la session suivante, le groupe a abordé les questions de financement et de budgétisation. Bien que M. Bamba ait communiqué qu’il n’y avait actuellement aucun budget dédié pour le Partenariat, les participants se sont prononcés en faveur d’une approche plus créative dans ce domaine que celle du soutien traditionnel faisant appel à des donations, comme, par exemple, une collaboration avec le secteur privé. Ebobola Tshiba du Gabon a dit que le Partenariat devrait tirer un enseignement de son pays, où les sociétés privées se sont lancées avec succès pour prendre en charge le financement d’activités de conservation, mettant l’accent sur le besoin de partenariats plus nombreux entre les secteurs public et privé dans le cadre de la conservation.

Afin que le Partenariat soit efficace et, encore plus important, qu’il sensibilise l’opinion publique sur les questions relatives aux espèces menacées et/ou protégées qui constituent son fondement, il est crucial d’élaborer une stratégie/un plan précis en matière de communications. Aux fins de catalyser le développement de cette stratégie, David Aduama, spécialiste des communications auprès du Programme pour la Biodiversité et le Changement Climatique en Afrique de l’Ouest (WA BiCC), a présenté les grandes lignes de structures et d’outils de communications qui pourraient être envisagés. Cette session avait pour but de commencer à définir les objectifs et les besoins liés aux communications du Partenariat incluant le public ciblé et les messages essentiels, de même qu’à collecter des informations pour guider le projet de la stratégie de communications. Pour la session suivante, les participants étaient répartis en plusieurs groupes et devaient faire leurs recommandations pour la mise en place de structures de communications internes et externes. Au gré de ces échanges, les participants ont tous convenu qu’il était essentiel de créer un logo représentatif du Partenariat, qui serait utilisé sur l’ensemble des produits relatifs aux communications. Les participants étaient aussi tous d’accord pour dire que la Stratégie de communication devait viser les chefs traditionnels et d’autres chefs et autorités locaux qui, bien souvent, ont une influence sur les communautés qui sont impliquées directement dans la consommation des espèces aquatiques. Il fut proposé d’intégrer à la Stratégie des outils tels que des sketchs et des spots radiodiffusés en dialectes locaux afin de toucher les communautés locales. La mise en place de récompenses et de prix en reconnaissance de l’excellence des initiatives en faveur de la conservation a été envisagée pour sensibiliser davantage et susciter l’intérêt des habitants locaux.

L’atelier intensif s’est terminé par une cérémonie de clôture présidée, au nom du ministre, par Mme Kaba Nassere, Directrice de cabinet auprès du ministère de l’Environnement et du développement durable de Côte d’Ivoire. Avant les remarques finales officielles, Anthe Komi, point de contact de la CITES pour le Togo, a fait une déclaration au nom des participants, validant les cinq recommandations faites au cours de l’atelier. Il a signalé que les participants avaient approuvé la création officielle du Partenariat dont la mission était « d’appuyer directement la mise en œuvre de la Stratégie commune africaine sur la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique en abordant les questions de commerce, de capture, de consommation et d’autres utilisations des espèces aquatiques, incluant les espèces menacées et/ou protégées à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, centrale et australe, grâce à une action coordonnée et efficace aux niveaux local, régional et international ».

Lors de ses déclarations de clôture, Joanna Toole de OceanCare a précisé que la semaine avait marqué une étape importante du développement du Partenariat, au cours de laquelle une collaboration et une cocréation avérées, ainsi que l’adhésion de tous à ce Partenariat laissent espérer à OceanCare que ce Partenariat sera efficace pour prendre en main la question de l’utilisation et du commerce illicites des espèces aquatiques.

« C’est formidable de penser que nous sommes en mesure d’ajouter de la valeur aux initiatives actuelles visant la protection des espèces aquatiques. Nous avons désormais le point de départ d’une feuille de route bien définie pour l’élaboration du Partenariat à un moment tout à fait opportun, étant donné les menaces croissantes auxquelles font face les espèces aquatiques en Afrique de l’Ouest et à travers le monde », a déclaré le Chef de projet de WA BiCC, Stephen Kelleher, lors de ses observations de clôture. Il a insisté sur le fait que « au nom de notre source de financement, l’USAID, nous sommes très fiers d’avoir apporté notre contribution à ce processus ». Abou Bamba a ajouté que l’atelier était un moment historique pour plusieurs raisons, notamment parce que c’était la première fois que des gouvernements et des ONG s’étaient réunis pour traiter de questions relatives à la faune sauvage aquatique et que ce Partenariat unique avait été renforcé par une déclaration commune de tous les participants présents, incluant des organisations nationales, intergouvernementales et de la société civile.

Lors de son allocution de clôture officielle, Mme  Kaba Nassere a dit que la question des espèces aquatiques en danger d’extinction, menacées ou protégées (A-ETP) était d’une importance capitale compte tenu du déclin croissant des espèces aquatiques. La réduction des stocks de poissons en raison des activités humaines et industrielles force les communautés à se tourner vers d’autres espèces aquatiques pour leur subsistance. « La Côte d’Ivoire approuve entièrement les recommandations faites lors de votre réunion et appuiera le partenariat qui a été établi pour aborder la question de la faune sauvage aquatique menacée, et sauver notre patrimoine naturel. »