Renforcer l’Expertise Mondiale : Fêter les Succès du « Programme de Master de la CITES »

Renforcer l’Expertise Mondiale : Fêter les Succès du « Programme de Master de la CITES »
September 1, 2019 4:38 pm Blog

« Le monde a besoin d’un réseau dévoué de personnes expérimentées, compétentes et éduquées pour communiquer leurs divers points de vue et leurs compétences de négociation afin d’obtenir des résultats positifs pour le monde et la conservation », a remarqué Pamela Scruggs, US Fish and Wildlife Service, au cours d’un événement parallèle à la COP18 de la CITES célébrant le succès du programme de master de la CITES, organisé par l’Université internationale d’Andalousie (UNIA) en Espagne.

Cette initiative unique au monde a été conçue il y a plus de 20 ans par Margarita Clemente-Muñoz et ses collègues de l’organe espagnol de la CITES. Ces visionnaires avaient compris l’importance et la valeur à long terme du développement d’une expertise globale susceptible de contribuer aux efforts mondiaux visant à mettre un terme au commerce international illicite des espèces sauvages menacées et de parties de ces dernières, tout en s’engageant à mieux faire connaître la nécessité générale d’une conservation durable de toutes les ressources naturelles. En septembre 1996, Margarita avait présenté avec passion sa vision et la nécessité urgente d’accroître les capacités mondiales pour la mise en œuvre de la CITES lors de la 37ème session du Comité directeur de la COP de la CITES. Grâce à sa passion et sa promesse de transformer sa vision en réalité, ses efforts ne sont pas restés lettre morte. Bien au contraire, un mois plus tard, Margarita soumettait une offre à l’Université internationale d’Andalousie (UNIA) dans le but d’établir et d’accueillir un programme de master intitulé officiellement « Gestion et conservation des espèces faisant l’objet de commerce : le Cadre international », mieux connu sous le nom de programme de master de la CITES. Les choses ne s’en sont pas restées là dans cette situation, il s’agit plutôt du début d’un investissement remarquable dans les capacités au moyen d’une formation supplémentaire destinée aux experts de l’application des lois et de la conservation des espèces sauvages à travers le monde. Grâce à la vision, la passion et l’engagement de Margarita, quelque 336 personnes de 97 pays ont bénéficié de ce programme, y compris 26 Ouest-africains.

Deux femmes assises à une table principale lors d'un événement.
Margarita entraîne son public sur le chemin des souvenirs lors de l’événement parallèle intitulé « Renforcer l’expertise et la coopération mondiales par le biais du programme de master de la CITES » à la COP18.

 

Revenons en août 2019 et 34 sessions plus tard du Comité permanent, Margarita participe toujours activement à la COP18 de la CITES et a organisé en collaboration un événement parallèle qui s’est déroulé le 19 août 2019. L’événement reconnaissait l’impact que le programme de master a eu en Afrique de l’Ouest et dans d’autres régions et célébrait l’importance et la valeur du programme de master de la CITES. La meilleure façon d’apprécier l’impact de ce programme était d’observer les partenaires et les diplômés échanger leurs histoires et leurs témoignages personnels. Les participants incluaient des anciens étudiants de la première cohorte de 1998 jusqu’à la cohorte la plus récente de 2019, racontant leurs souvenirs, les rires et l’enseignement acquis au cours de leur présence à l’UNIA et des jours, des mois, ou des années écoulés depuis. Nombre des anciens étudiants sont devenus des points focaux de l’organe national de la CITES, et plusieurs exerçaient leurs fonctions en temps réel à la COP18 actuelle, ce qui en dit long sur le succès du programme.

Une cohorte initiale d’étudiants d’Afrique de l’Ouest s’était inscrite au programme de 2016 qu’ils avaient suivi avec succès. Une seconde cohorte s’était inscrite en 2018 et tous les étudiants viennent de recevoir leur diplôme. Les résultats sont évidents. Cette année, les représentants du Cap-Vert, du Gabon, de Guinée, du Nigeria, du Niger et du Sénégal à la COP de la CITES ont été sélectionnés à titre de représentants nationaux en raison des compétences et des connaissances supplémentaires acquises grâce à leur participation au programme de master. Les représentants ouest-africains partagent la passion qu’avait Margarita quand elle avait envisagé ce programme, et sont au cœur des discussions, des débats et des décisions portant sur des sujets grands et petits, mais ayant tous un impact sur la lutte contre le commerce illicite des espèces de flore et de faune sauvages menacées. Ils ont pris l’initiative de rédiger et de soumettre plusieurs propositions pour délibération lors de cette COP en cours. En dehors du forum mondial qu’est la COP de la CITES, leur formation a produit un impact sur nombre de ces professionnels et leurs collègues à des échelons divers mais significatifs.

Quatre hommes en uniforme travaillant sur le terrain.
Abba Sonko a suivi le programme de master en 2016 et représente un des nombreux exemples de la façon dont la formation a donné lieu à de gros changements en matière de capacité de la CITES en Afrique de l’Ouest.

 

Depuis qu’il a obtenu son diplôme en 2017, Abba Sonko (Sénégal) a donné des formations dans les écoles, auprès d’organes d’application des lois et de responsables parlementaires sur les règles et la mise en place de la CITES au niveau national. Sur le plan régional de la CEDEAO, il travaille avec d’autres diplômés du Nigeria, du Niger, de Gambie, de Guinée et d’autres pays afin de développer une stratégie ouest-africaine pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages, et co-préside une équipe d’experts finalisant la stratégie. Son co-président, John Timothy Daniels, tout récent lauréat du programme de 2019, vient du Nigeria. En dehors de l’Afrique de l’Ouest, Abba a été recruté pour participer à un panel visant à définir une stratégie africaine pour lutter contre le commerce illicite des espèces sauvages.

Deux hommes assis à la table principale.
John Timothy Daniels et Abba Sonko co-président le comité chargé d’élaborer une stratégie ouest-africaine pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

 

Ce n’est là qu’une des nombreuses histoires de réussite du programme de master de la CITES. D’autres incluent un professeur de droit, une voix pour les espèces sauvages en Asie, des chercheurs et des organes scientifiques nationaux, tous démontrant les résultats remarquables et puissants de cette formation. Peut-être aussi important ou même encore plus important que les succès professionnels et de carrière du fait d’être diplômé du programme de l’UNIA, ce sont les réussites à un niveau personnel – des amitiés qui dureront toute une vie et des réseaux semés en Andalousie qui continuent à se développer et à croître. Toute personne œuvrant dans la conservation des espèces sauvages vous dira qu’une application efficace des lois ayant trait aux espèces sauvages dépend de réseaux solides et de coordination au-delà des frontières. C’est la preuve que de petits investissements peuvent produire des grands impacts à long terme pour les espèces sauvages, les pays, les gens et la planète dans son ensemble.

Vous pouvez voir la vidéo sur l’événement parallèle « Renforcer l’expertise et la coopération mondiale par le biais du programme de la CITES » ici.